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TRANSCRIPTION DU DISCOURS DE LUDOVIC MENDES, DEPUTE DE MOSELLE RELATIF A LA CEREMONIE DES VOEUX 2019

 

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

 

A l’heure de nous élancer dans cette nouvelle année, je souhaite en préambule de cette

cérémonie, vous rendre compte de mon activité de parlementaire durant l’année écoulée.

2018 a été une année riche en activité parlementaire. De nombreux textes ont été adoptés, en

application du projet porté par Emmanuel Macron. Projet que nous avons à coeur de mettre en

application.

 

Ces textes, parfois difficiles, doivent nous permettre de répondre aux nouveaux enjeux, auxquels

notre société est confrontée dans des domaines très variés. l’Agriculture et l’Alimentation, le

transport, la formation professionnelle et l’enseignement supérieur, la compétitivité des

entreprises, le logement ou encore les questions migratoires. L’examen de la réforme de notre

constitution qui a débuté à l’été 2018, se poursuivra cette année, afin d’adapter notre système

politique et nos institutions aux attentes de nos concitoyens.

 

Certaines de ces réformes, ont suscité dans l’hémicycle des débats, parfois enflammés mais qui

ont permis d’enrichir ou d’adapter ces textes. Des élus, au sein même de notre majorité, ont

parfois émis des réserves ou fait valoir des avis divergents. Il en va ainsi de la démocratie interne

et tous, ont pu exprimer leur point de vue et parfois, faire bouger les lignes.

 

De par mon histoire personnelle, je suis particulièrement sensible à la question de l’Apprentissage.

J’ai donc souhaité aller plus loin, lors de l’examen du projet de loi relatif à l’Avenir Professionnel.

J’ai proposé d’ouvrir l’apprentissage aux personnes de plus de 30 ans bénéficiaires du RSA, ainsi

qu’aux chômeurs de longue durée . Cet enjeu de formation continue m’est cher et je continuerai

en 2019 à collaborer de manière exigeante avec les services de la ministre du travail. Je rencontre

trop de chef d’entreprises qui souhaitent embaucher et en même temps de nombreuses

personnes au chômage qui sont en demande d’une formation diplômante et reconnue.

 

Dans le cadre de l’examen de la loi PACTE, en collaboration avec l’intersyndicale du groupe ENGIE,

j’ai également défendu une proposition, visant à encadrer de manière plus stricte la délocalisation

les centres d’appels. Ce sujet, a une résonance toute particulière pour notre territoire, car l’un des

centre d’appel du groupe ENGIE se situant à Montigny est directement concerné. Le dossier est

toujours ouvert et je poursuivrai en 2019 cet engagement, aux côtés des syndicats et des

entreprises responsables.

 

Enfin, pour le compte de la commission des Affaires Européennes, j’ai remis au mois d’Avril un

rapport, sur l’Espace Schengen et la maîtrise des frontières extérieures de l’Union Européenne,

fruit de nombreuses heures d’auditions et de plusieurs déplacements hors de nos frontières.

L’importante charge de travail que nous connaissons au palais Bourbon, ne doit cependant pas

conduire les Députés que nous sommes, à délaisser nos circonscriptions, nos villes, nos villages et

nos citoyens.

 

Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Je veux en cette occasion, vous assurer de ma

détermination intacte, à servir les concitoyens de la 2e circonscription de Moselle.

 

Durant l’année passée, je me suis mis, aussi souvent que possible, à la disposition des acteurs

publics ou privés, qui font le quotidien de notre territoire. J’ai fait face à des colères et à des doutes.

J’ai aussi vu le dynamisme de nos entreprises et de nos associations, l’engagement pugnace des

élus locaux et le sens de l’Etat qui anime nos fonctionnaires. Notre territoire Mosellan est plein de

ressources et il nous appartient de soutenir collectivement les projets qui nous placerons demain

à l’avant-garde. J’ai donc lancé un comité de travail pour la création d’une Grande École du

Numérique, projet qui vous sera présenté dans les semaine à venir.

 

Cette nouvelle année est également, synonyme d’un nouveau mode de fonctionnement de mon

travail en circonscription. En effet, retrouver le contact et la confiance des Français semble

aujourd’hui primordial.

 

Ainsi, j’ai réorganisé mon emploi du temps, afin de pouvoir rencontrer de manière récurrente les

maires et les conseillers municipaux de la circonscription ; découvrir l’immense travail fourni par

les associations présentes dans nos communes ; et prendre le pouls, aussi souvent que possible,

du ressenti de nos concitoyens sur l’action que mène le Gouvernement et sa majorité

parlementaire.

 

Ce dialogue, s’articulera selon deux axes principaux. Des réunions-débats, organisées

mensuellement sur un sujet d’actualité, en présence d’un expert et qui seront ouvertes à tous.

Dans un format plus intimiste, je participerai à des apéros citoyens, organisés directement à votre

domicile, afin de prendre part à des discussions à bâton rompu avec vous, vos voisins et vos amis

de tous bords politiques.

 

De plus pour 2019, je souhaite axer mon activité parlementaire autour de questions de justice

sociale et fiscale, ainsi que d’autres plus sociétales qui sont au coeur des préoccupations de nos

concitoyens. Certains débats dans notre pays sont éludés depuis trop longtemps, les françaises et

les français à raison, ne le comprennent pas.

 

Sur les 6 prochains mois, je vais oeuvrer à ces divers sujets :

• Impôts plus justes et plus progressifs

• La création d’un revenu de base

• Comment limiter l’impact des accidents de la vie

• Les droits et les devoirs des bénéficiaires de minima sociaux ainsi que de l’aide de retour à

l’emploi

• Carburant => stations complémentaires bioéthanol et boitiers E85

• La création de nouvelles recettes fiscales, que je vais succinctement développer.

 

Quand on parle de tabou, la question du Cannabis et de ces usages, est à mettre au rang des

questions qui sont souvent poussées sous le tapis. Les lignes commencent à bouger et une

première avancée sur l’usage thérapeutique du cannabis, est en passe d’avoir lieu. Mais pour

l’heure, de nombreux français atteint de pathologies graves, ne peuvent recourir à cette substance

pour des raisons réglementaires, bien qu’unanimement reconnue par le corps scientifique. Il en va

de même de la filière du chanvre bien-être (dit CBD). La France est le premier producteur

européen, mais est écrasée sous le poids d’une réglementation incompréhensible et parfois

contraire au bon sens.

 

Le sujet de la prostitution est également à classer au rang de nos grands tabous nationaux. A

l’heure où je vous parle, une Question Prioritaire de Constitutionnalité, est examinée par le Conseil

Constitutionnel, qui pourrait annuler dans sa totalité ou une partie, la loi cadre de 2016. Pourtant,

là encore, des milliers de travailleurs et travailleuses du sexe, sont concernés quotidiennement sur

notre territoire, alors même que le contour de la prostitution évolue avec l’impact du numérique.

La question de la fin de vie, fera partie de mes axes de travail pour 2019. Inutile de revenir ici sur

les innombrables polémiques que nous avons connu depuis l’adoption de la loi Leonetti en 2005.

Pourtant chaque année, des milliers de français, farouchement décidés à disposer d’eux même

n’ont d’autres choix que de s’exiler.

 

Comme vous l’avez surement entendu ou lu via la presse, nous allons substantiellement modifié

la loi de 1905. Avec mon collègue Florent Boudié, nous avons créé en mai 2018 un groupe de travail

sur la laïcité et les Islams en France. Nous avons mené plus de 80 auditions et 6 déplacements,

dont le département de Mayotte. Ces échanges nous permettent de faire des préconisations au

Ministère de l’Intérieur et ainsi de co-construire la prochaine réforme.

 

Tous ces sujets sont sensibles. Ils touchent pour certain à l’intime et aux convictions profondes de

l’être. Pour ne pas reproduire les erreurs du passé, il conviendra d’avancer avec méthode et de

traiter toutes les opinions avec respect. Mais c’est aussi le rôle des élus que nous sommes, de nous

aventurer sur ces terrains, parfois mouvant, dès lors que sont concernés le sort de femmes et

d’hommes.

 

Les évènements récents doivent nous interroger sur le sens de l’action politique et de notre

rapport au citoyen.

 

S’interdire aujourd’hui des débats, fusse t’ils brulants, ce serait donner raison à tous les

détracteurs de la démocratie, qui perçoivent les élus comme des lâches.

 

Cependant, ne pas s’interdire le dialogue, c’est aussi avancer avec méthode. Depuis deux mois

maintenant, le mouvement des gilets jaune nous permet de constater l’étendue des fractures qui

traversent notre société. Nous avons collectivement, la responsabilité de nous engager sur la voie

du dialogue, de l’échange et du consensus. C’est d’ailleurs le sens du Grand Débat que le président

de la République a souhaité organiser. Je tiens d’ailleurs à remercier, sincèrement, les maires de

la circonscription, qui ont ouvert les portes de leurs mairies, à nos concitoyens désireux de prendre

part à ce moment historique de le 5eme République.

 

Le mouvement des Gilets Jaunes nous dit beaucoup des inquiétudes et des incompréhensions que

nourrissent une partie de nos concitoyens, à l’égard de notre époque, mais aussi de la politique

que mène notre gouvernement et notre majorité.

 

Notre modèle s’essouffle, le libéralisme de nos jours, a perdu la grandeur qu’il avait à son origine.

Il est devenu un mot insultant pour certains et une doctrine purement économique pour d’autres.

Le libéralisme qui était un rempart au replis et au communautarisme, a disparu en

embarquant petit à petit Égalité et Fraternité. Ces valeurs qui étaient des étendards pour les droits

des citoyens, sont aujourd’hui des mots utilisés pour apporter de fausses réponses, aux maux de

notre pays. Les politiques simplistes et attentistes des 30 dernières années y ont contribué très

fortement.

 

Ces revendications, se sont souvent accompagnées de menaces et de violences intolérables à

l’égard des élus, des forces de l’ordre, des pompiers, des représentants de l’états et des

journalistes. A tous ceux-là, je redis aujourd’hui mon soutien et mon amitié. Jamais nous ne

laisserons la violence et le chaos prendre le pas sur la République.

 

La France, est un pays où la diversité culturelle est une véritable force, nous devons la défendre

contre la démagogie populiste, car elle représente une des valeurs Républicaines. Nous nous

devons de le rappeler, car c’est ainsi que la cité s’est élevée. Nous, démocrates, républicains,

humanistes et citoyens, nous devons nous lever contre eux, nous rassembler afin de faire

triompher la solidarité. La République doit être un rempart contre l’obscurantisme.

 

En marge de ces débordements, les Gilets Jaunes ont aussi porté des revendications, que nous

devons entendre. Je me suis rendu à plusieurs reprise à leur rencontre et j’ai reçus de nombreux

participants de ce mouvement à ma permanence. J’ai souhaité écouter et comprendre leur

message. Le gouvernement et le chef de l’état, ont également pris la mesure de ce mouvement et

des réponses concrètes ont été apportées.

 

Mais au-delà des revendications formelles, il ressort de ce mouvement la même crainte pour

l’avenir et le même sentiment exprimé de ne plus faire société. C’est bien à cette crise

d’appartenance collective, qui menace les fondements même de notre République, que nous

devons répondre. C’est un processus qui devra mobiliser tous les citoyens, au-delà des clivages

politiques. Nous devons replacer les élus locaux au centre de notre démocratie. Les partis de

gouvernement n’ont pas changé leur logiciel, ils restent sur une ligne d’opposition classique, sans

véritable construction pour l’avenir. Les français sont de plus en plus détachés du monde politique,

ils n’ont plus confiance et le font savoir dans nos rues.

 

Il est important de nous rassembler à nouveau, de fédérer autour de la République et de ses

valeurs, afin que le pays ne s’effondre pas et que le radicalisme ne continue d’opposer les Français.

Nous devons dès maintenant, faire critique des politiques passées, établir une nouvelle cohésion

sociale et remettre le citoyen comme ciment de la société au centre des discussions, pour que

l’avenir se dessine ensemble.

 

Il nous faut réenchanter le rêve français et ne plus débattre de dogmes centenaires.

Valeurs, sens et méthode, sont les trois éléments principaux qui doivent nous animer.

Cette crise de confiance est ancrée dans nos quotidiens depuis le plus jeune âge. Les méthodes

d’enseignement très hiérarchisées, qui ne favorisent pas les relations horizontales, sont un frein

au développement de la culture du dialogue social et du compromis. Le dialogue social étant le

seul moyen de parvenir à des reformes durables, mais surtout acceptées par tous les français. Le

dialogue prend du temps et l’avenir n’est possible que par la mise en oeuvre du compromis.

 

Nous devons défendre une société qui abandonne l’idée d’abattre l’autre, qui oublie la lutte des

classes simpliste. Elle doit préférer procéder par des négociations, mais cela suppose une vision à

long terme et surtout une approche réelle de l’économie, nous devons reconnaître le marché, mais

dans une volonté de régulation de celui-ci.

 

Cette société ne peut être conçue, sans démocratie politique active, réelle, substantielle, vérifiée.

Elle ne peut être conçue sans libertés : liberté politique, qui oblige au respect de l’autre, de la

minorité, des différences. Il n’y a pas de cité commune, sans combat pour l’égalité.

 

Pour 2019, je vous souhaite à chacun, pour vos familles et vos proches, du bonheur, de la santé et

de la réussite. Mais par-dessus tout, je souhaite à notre pays, de chérir les valeurs qui nous

rassemblent et qui nous unissent en tant que nation. Pour 2019, je souhaite que le peuple français

retrouve son sourire. Je nous souhaite, de refaire société.

 

Je vous souhaite une excellente année.


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