À l'Assemblée Nationale

M. le Président,

Mme la Ministre,

Mme la Présidente de la Commission Aff. UE,

Mes chers collègues

 

En préambule je souhaite exprimer, au nom du groupe La REM à la commission des Affaires Européennes notre satisfaction suite au propos réalistes, ambitieux et résolument européens que Mme la Ministre a tenu cet après-midi devant la représentation nationale.

 

Oui il est temps de remettre l’Europe au cœur du débat public dans notre pays. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins et le moment est venu d’agir concrètement pour ne pas prendre le risque d’assister, du haut de nos divergences, à la dislocation d’un projet dans lequel nous croyons profondément et qui a su maintenir l’unité et la paix de notre continent depuis près de 70 ans.

 

Nous avons collectivement laissé la méfiance vis-à-vis des institutions Européenne s’installer dans la société et au sein même des parlements nationaux, alimentée par une lecture parfois manichéenne et par une instrumentalisation de ces sujets à des fins de politique nationale.

 

 Depuis le discours fondateur de Robert Schuman en 1950 l’Europe n’existe toujours pas politiquement. C’est à nous, européens convaincus, de porter cette Europe politique. L’Europe ne peut être un projet unilatéral : elle doit être une volonté collective. Nous ne pouvons ignorer les doutes qui agitent les Parlements voisins. Il nous faut convaincre. 

 

Les conventions démocratiques qui seront organisées doivent permettre de réconcilier les citoyens et leurs institutions. Par le biais de ces conventions les citoyens de tous les états membres seront appelés à se prononcer librement sur l’avenir qu’ils souhaitent donner au projet Européen. Nous croyons dans la force du dialogue, du débat et de la concertation comme meilleur rempart face à ceux qui, aujourd’hui, font recette de l’impopularité des institutions européennes sans toutefois proposer un autre projet que le repli nationaliste mortifère.  Il est grand temps de briser la paroi de verre qui s’est progressivement érigée entre les institutions de l’union et les citoyens des états membre et qui fait que de plus en plus les deux parties se voient mais ne s’entendent plus.

 

Réconcilier, cela passe d’abord par une solidarité plus effective au cœur du projet Européen. Le marché commun a été le pilier central de notre Union européenne. Nous avons créé un espace de libre échange nécessaire, qui a ouvert de nouveaux horizons pour nos entreprises, et permis une meilleure circulation des technologies et des capitaux.
 Les bénéfices économiques de cette ouverture sont réels et indéniables, et doivent  maintenant être mieux partagés. L’Europe ne doit pas se laisser réduire à un espace financier froid ; elle doit être protectrice envers les plus faibles et combative envers ceux qui oublient que notre planète est en danger.

 

Trop d’européens voient l’Union comme une machine administrative tirant les droits des travailleurs vers le bas. C’est par l’harmonisation des normes que nous créerons une cohérence européenne, et que la défiance des peuples entre eux s’atténuera. L’Europe doit être à la hauteur des enjeux de notre siècle. Protéger nos concitoyens, c’est construire une grande Europe de la Défense, mettant en commun ses atouts militaires et ne parlant que d’une seule voix sur les conflits mondiaux. Mais protéger les européens, c’est aussi porter l’idée d’une Gouvernance monétaire européenne forte et équilibrée.

 

Réconcilier cela passe aussi par un processus démocratique plus clair et plus lisible. Si l’Europe souffre, c’est car sa légitimité s’est effrité, faute de projets pour susciter l’adhésion des peuples, mais aussi car les voix défendant notre idéal se sont fait plus faibles, quand les nationalismes se sont relevés. En cette matière il faudra faire évoluer la carte électorale actuelle dont les « grandes régions » ne correspondent à aucune réalité territoriale, administrative ou économique. L’élu européen ne peut être un technocrate hors sol : il doit être un acteur incontournable de son territoire. 

 

Enfin, réconcilier c’est enfin assumer nos différences. L’Europe est le fruit de compromis, de dialogues, d’hommes et de femmes qui ont su assumer leurs différences pour tracer un itinéraire commun.

 

Il n’est pas, et n’a jamais été question d’une Europe qui viendrait dissoudre les identités, les particularismes nationaux dans le grand bain d’une communauté homogène et aseptisée mais bien de proposer un socle commun de principe dans lesquelles nous nous reconnaissons. Ce socle, c’est la démocratie. Il nous faut affirmer sans détour que quiconque renonce aux valeurs démocratique s’exclu, de la communauté européenne.

 

L’Europe est une part indissociable de notre identité. Dans nos repas de famille, dans le monde professionnel ou à la terrasse d’un café nous échangeons des mots français, espagnols, portugais, italiens ou allemands. C’est alors que l’Union fait tomber les murs et crée de nouvelles passerelles. C’est alors que nous pouvons être fier de nous rassembler, fier de nous sentir européen. Ma génération n’a rien connu des drames et des conflits qui ont ravagés l’Europe au siècle dernier. Malgré tout, elle sait à quel point la paix est un équilibre fragile. Elle a conscience que le projet européen recule quand il n’est plus assumé par ses défenseurs. Ce projet européen, aussi imparfait soit-il, se doit d’être défendu et nous n’accepterons pas de le voir reculer face au repli nationaliste qui de tout temps a engendré le conflit.

 

L’Europe doit nous rassembler, y compris dans cet hémicycle. Mes chers collègues, nous avons nos différents et nos débats parfois passionnés. Mais celles et ceux qui, sur ces bancs, croient en cet idéal doivent le porter avec la majorité et le Gouvernement. Une fenêtre d’optimisme s’ouvre où le projet Européen peut reprendre corps. Mais ce projet ne survivra pas à une nouvelle décennie d’errements et de de synthèses technocratiques. Les parlements nationaux abritent le cœur battant de la vie démocratique et seront aussi les acteurs de la refondation du projet Européen. A ce titre je me rendrai autant que possible durant mon mandat à la rencontre de mes homologues européens pour afficher le soutien de notre majorité au projet dont il est question aujourd’hui.

 

Nous avons pu constater depuis plusieurs semaines à quel point le volontarisme du Président de la République, du gouvernement et de la majorité sur ces questions a conduit certain dans cet hémicycle à porter un message qui confine maintenant à l’europhobie. L’ironie veut souvent que les plus virulents des pourfendeurs de l’Union Européenne siégeaient il y-a encore quelques mois à Strasbourg sur les bancs du parlement européen. La récente crise en Catalogne en est une illustration, quand ceux qui honnissent habituellement Bruxelles pour son atteinte à la souveraineté nationale s’indignent de ne pas voir les institutions de l’UE s’ingérer dans les affaires de l’Etat espagnol souverain.

 

Madame la Ministre, nous sommes déterminés à agir. Nous sommes résolus à faire vivre l’unité Européenne et à œuvrer avec le gouvernement pour l’aboutissement du projet que vous avez présenté. 2018 sera l’année de l’Europe. Elle aura besoin de toutes les volontés, de droite comme de gauche, pour la défendre. L’Europe que nous voulons construire ne se fera pas sans les parlementaires, mais elle ne se fera pas davantage contre les peuples.

L’Europe, quand elle n’avance plus, se meurt. Des années d’immobilisme ont réduit le projet Européen à une question en suspens. Pourtant, l’Europe est une réponse. Une réponse aux déclinistes qui ont déjà baissés les bras, une réponse à l’urgence écologique d’une planète qui ne peut plus attendre, une réponse à ceux qui se sentent lésés par la mondialisation.

Elle est une réponse car elle incarne une idée : celle d’un avenir en commun, qui nous dépasse tous. Alors soyons à la hauteur.

 

 


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